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La neige et le froid, ennemis du rail

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Publié le 8/02/2018

La neige en hiver, ce n'est pas une surprise. Pourquoi alors a-t-elle des effets si dévastateurs sur le trafic ? Et que fait-on pour les limiter ?

Prenant la ligne P chaque jour pour me rendre au travail, et ayant passé une bonne partie de la journée en renfort sur notre compte Twitter, j’ai bien conscience de la gêne subie depuis hier.

La neige et/ou le grand froid ont des impacts très importants aussi bien sur l’infrastructure que sur le matériel, et nous en vivons les conséquences ces jours-ci.

Voici quelques explications concrètes (et même techniques) sur ce phénomène.

 

Les effets sur la voie

La neige peut bloquer les aiguilles

En effet, lorsqu’elles changent de position, les lames d’aiguilles (en jaune sur la photo) tassent la neige contre le rail. Celle-ci peut donc empêcher l’aiguillage de se mettre en bonne position. Il peut également arriver que la neige tassée entre le rail et la lame de l’aiguille se transforme en glace, ce qui empêchera tout mouvement.

La solution ?

L’utilisation des réchauffeurs d’aiguille (en rouge sur la photo). En chauffant le rail, ils permettent de faire fondre la neige et d’empêcher la formation de glace entre la lame et le rail. La plupart sont électriques et allumables à distance. Certaines zones sont équipées de réchauffeurs au gaz (bonbonnes), principalement dans les faisceaux de voies de service, qui doivent alors être allumés manuellement sur place.

 

La neige et le froid peuvent perturber le fonctionnement des pédales, crocodiles et balises (équipements de communication entre les infrastructures et le matériel) en les prenant dans la glace.

La solution ?

Pour ces équipements, aucun système de réchauffage n’existe. Il faut donc les déneiger ou les dégivrer à la main.

 

Le froid peut casser le rail

Lors d’un froid soudain ou de variations de températures importantes, l’acier peut se dilater ou se contracter fortement. Une brusque chute de la température peut entraîner de gros efforts sur le rail et provoquer sa rupture.

La solution ?

Avec l’entretien du réseau, des engins « auscultent » le rail par ultrasons afin de détecter toute faiblesse. Au moindre souci relevé, des limitations de vitesse voire l’interdiction de la circulation sont immédiatement mises en place et la partie de rail défectueuse est changée. Malgré cela, contre une météo difficile, il n’existe pas de solution définitive.

 

Les effets sur la caténaire

La caténaire subit elle aussi les effets du froid

Il arrive en effet que des arbres bordant la voie rompent sous le poids de la neige et viennent casser la caténaire.

La solution ?

Éliminer au maximum les arbres en bordure de voie. Cela est malheureusement plus délicat qu’il n’y paraît, dans la mesure où la SNCF ne peut pas intervenir sur des arbres qui sont en dehors de ses emprises.

Mais plus que la neige, le véritable ennemi de la caténaire est le givre. Pluie verglaçante ou simple coup de gel dans une atmosphère déjà humide, et toute la caténaire est prise dans le givre.

A forte dose, ce givre rend le captage du courant difficile pour les trains dont l’énergie est électrique. De gros amorçages se produisent alors, c’est-à-dire qu’une discontinuité dans le courant produit des étincelles. Le problème est que chaque étincelle échauffe la caténaire. Le fil de contact en cuivre fond et c’est l’interruption de la circulation.

La solution ?

Sur une ligne fréquentée, le passage normal des trains peut suffire. Dans le cas de lignes interrompues la nuit, la circulation de trains raclant la caténaire est la solution. Il s’agit d’une ou plusieurs locomotives électriques tractées par une locomotive diesel qui circulent pantographes levés. Pour cela, il faut du matériel roulant disponible et du personnel pour la conduite.

 

Les effets sur les rames et les locomotives

A l’instar des effets sur la caténaire, chaque étincelle échauffe les pantographes. Encore une fois, un gros amorçage peut mener à leur rupture. Sans pantographe, plus de courant dans la locomotive et à nouveau l’attente d’un autre engin pour pouvoir regagner une gare.

Un dernier phénomène dont vous entendrez certainement parler est l’accumulation de neige sur les rames. Cette neige, sous l’effet du déplacement de l’air produit lorsque le train roule, se transforme en paquets de glace. Plus le train roule vite, plus ce sera le cas. La solution est alors de réduire la vitesse pour limiter la formation de glace et ses conséquences lorsqu’elle se détache du train. Les TGV sont particulièrement sensibles à ce phénomène.

Enfin, les trains, à l’instar des voitures, perdent en adhérence en cas de chute de neige. La circulation est donc adaptée, comme chacun d’entre nous le fait avec sa voiture.

Voici pour les explications techniques des effets du froid et de la neige sur les trains et l’infrastructure.

 

Mais comment font-ils dans les autres pays ?

En discutant avec les voyageurs, on entend souvent cette réaction : il n’y a qu’en France qu’on voit ça, pourquoi la SNCF ne sait pas faire, et comment font les pays Nordiques habitués aux épisodes de grands froids, etc.

Cette spécificité est, en réalité, une légende : il s’avère que même au Canada et en Russie, les trains se retrouvent régulièrement piégés par les intempéries. Ne confondons pas non plus un train lourd de marchandises et sans arrêt pouvant braver 100 cm de neige, et un train omnibus devant s’arrêter à une fréquence importante et construit pour optimiser la place offerte aux voyageurs. Autrement dit, ce fameux Transperceneige du Canada est magnifique, mais on ne parle pas de la même chose !

 

Sur les quais : saler et déneiger

Je profite de ce billet pour faire un petit point sur nos gares. Vous ne les avez peut-être pas croisés, mais nos agents sont bien mobilisés pour saler et déneiger les quais. Nous diffusons parallèlement des annonces vous invitant à être prudents.

Nous essayons de faire le maximum pour assurer votre sécurité pendant cet épisode neigeux. Cependant, si vous repérez des zones dangereuses dans vos gares, déposez un commentaire sous ce billet et j’alerterai mes collègues pour qu’ils essaient de s’en occuper plus spécifiquement lors de leurs tournées.

 

Bon courage à tous, et surtout, soyez prudents !

 

 

4 commentaires pour “La neige et le froid, ennemis du rail”

  1. thomasm125Passer au statut dit :

    bonjour, certains quais comme celui du rer e à bondy ne sont pas déneigés sur toute la longueur.

    • MariePasser au statut dit :

      Bonjour,

      N’hésitez pas à me faire part de vos retours sur cet épisode neigeux. J’en ferai part aux différents acteurs et vous ferai un retour sur événement.

  2. Niels_77Passer au statut dit :

    Bonjour, j’ai été surpris de voir que la neige déblayée des quais de Rosny sous Bois était rejetée sur les rails. A ces endroits les rails avaient disparu sous la neige, alors qu’ailleurs les rails étaient toujours visibles. Est-ce que les trains sont capables de rouler sur des rails ensevelis sous la neige ?

  3. Gulliver12Passer au statut dit :

    Bonjour ce matin sur l’application il est indiqué que les conditions climatiques perturbent la circulation du RER E . Ok . Compréhensible . En revanche, le commentaire qui ajoute : les horaires du calculateur de l’application ne tiennent pas compte des perturbations et conseille d’aller sur le site transilien. Alors là, c’est totalement incompréhensible. Le principal attendu de l’application par les clients n’est pas d’avoir les horaires théoriques (il y a les.fiches horaires pour cela) mais bien d’avoir les horaires REELS ! Donc merci de faire évoluer l’application pour que ce soit le cas sinon elle ne sert pas à grand chose si ce n’est à énerver ceux qui la consultent .

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